Un peu d’histoire…

« L’amour du passé est inné chez l’homme« . Cette réflexion d’Anatole France ne dit rien d’autre que ce que ressentent au plus profond d’eux-mêmes les membres de l’association pour la mémoire agricole du pays de Grignan.

L’association a été créé il y 15 ans par Mr B Durieux, il savait que, dans certains de nos villages, quelques collectionneurs amoureux du passé rassemblaient des outils et des machines d’un grand intérêt historique et qu’ils cherchaient un relais pour faire partager leur passion.

Nous nous sommes tournés vers l’Abbaye Notre Dame d’Aiguebelle dont la contribution à l’agriculture dans le pays de Grignan a été au fil des siècles, fondamentale. Comment remercier la communauté cistercienne pour son accueil et son hospitalité ?

Aujourd’hui, l’association « Mémoire agricole du pays de Grignan et de ses environs » compte plus de 50 membres, issus de dix-neufs villages et rassemble plusieurs centaines d’objets et machines. Un important travail d’inventaire, de documentation et de présentation est effectué. C’est un beau succès.

Merci aux membres du bureau, aux bénévoles, aux adhérents et à tous les donateurs, pour l’attachement dont ils témoignent à l’histoire et aux valeurs rurales, à celles d’autrefois et à celles d’aujourd’hui et pour leur engagement dans ce travail de mémoire; un travail qui n’a pas pour but de conserver des cendres mais, au contraire d’entretenir une flamme.

Travail et vie à la ferme

« A une certaine époque » pas si lointaine, le paysan était le gérant d’une véritable entreprise familiale. Très tôt levé il devait fournir un travail important, s’occuper des bêtes, organiser son travail de la journée en fonction des saisons et du temps. Labours, semailles, moissons, battages, vendanges soin de la vigne et apiculture ponctuaient sa vie et celle de sa famille. La vie était dure, le travail épuisant, pas de temps libre ni de loisirs, les vacances se passaient à la ferme à préparer l’hiver. La chasse, la pêche, quelques fêtes entre amis constituaient les rares distractions, mais que de joies simples, partager un copieux petit-déjeuner, un repas après les moissons et vivre ensemble des moments de bonheur.

Pas de monotonie dans cette vie paysanne, simplement de l’organisation et du savoir faire. Les femmes et les enfants avaient aussi des tâches bien précises, soins des bêtes, fonctionnement des clapiers, poulaillers, bergeries et porcheries. Les responsabilités étaient partagées et tous travaillaient pour le bien de la ferme, centre d’une vie familiale et conviviale. Courage, ténacité et solidarité étaient indispensables, voisins, amis faisaient partie de l’environnement et l’aide apporté à tour de rôle, était considérée comme normale. Il reste encore dans le pays, cet esprit qui fait la richesse sur le plan humain de notre terroir.

Tous les outils et matériels représentent la mémoire agricole de ce passé si riche encore présent à l’esprit des plus anciens qui souhaitent transmettre à leurs enfants et petits enfants l’amour de ce monde agricole qui s’est transformé au fil des ans.

La charrue, le tombereau, la charrette, le râteau, le semoir, la faux, le fléau, la moissonneuse et la batteuse faisaient partie de la vie de tous les jours.

Les métiers autour de la ferme, comme la maréchalerie avec sa forge, apportaient une aide précieuse quand c’était nécessaire et représentait un lieu de rencontres et d ‘échanges. Le travail de la terre créait des emplois et de la vie.

Toute cette mémoire agricole ne peut être perdue et mérite d’être sauvegardée.